30 janvier, 2010

La Can, une vitrine qui coûte cher

Classé dans : Politique,Société — cabinda @ 17:52

La fastueuse cérémonie d’ouverture du tournoi avait quelque-chose d’extraordinaire Du jamais vu. Une façon pour l’Angola de dire au monde: « voici ce dont nous sommes capables. Preneznous au sérieux, et investissez chez nous ».Il est vrai que l’Angola est un pays potentiellement riche. Il rivalise avec le Nigéria pour la place de premier producteur de pétrole en Afrique. Il arrive en 5ème position dans le classement mondial des producteurs de diamants. Sa croissance économique est l’une des plus rapides au monde. Et accueillir la Can est une occasion pour le pays de se présenter comme une puissance économique émergente.

Coûts énormesEn vue du tournoi, le pays a conscacré près d’un milliard de dollars à la construction de quatre nouveaux stades, avec tout l’infrastructure que cela implique. La quasi-totalité des travaux a été confiée à des entreprises étrangères. Les stades par exemple ont été construits par une compagnie chinoise, utilisant leur propre main-d’oeuvre.

Les pelouses ont été posées par une entreprise britannique, alors qu’une compagnie française assure la couverture télévisée de l’événement. L’accréditation des journalistes etc a été confiée à des spécialistes allemands.Les recettes réalisées ne suffiront pas à financer cette gigantesque opération de publicité, qui coûtera cher à l’état angolais. Dans un pays où 60% de la population vit dans la pauvreté. Pour la plupart des Angolais, la Can n’aura probablement aucun effet immédiat sur leur niveau de vie.

Où sont les richesses?Et nombreux sont ceux qui critiquent amèrement le gouvernement pour avoir consacré tant d’argent à un tournoi de football. Ras Sassa vit dans un quartier pauvre près du front de mer à Luanda. Il veut faire publier sa musique reggae, mais jusqu’ici ses efforts se sont heurtés à des refuse des autorités.

Pour lui: « il est d’une importance capitale que le gouvernement nous dise combien tout cela coûte, et dans quelle mesure cela va nous bénéficier ».

Amer, il ajoute: « tout le monde nous dit à quel point l’Angola est riche. Mais où sont-elles, ces richesses? Un petit nombre de gens ont l’argent, et ils contrôlent le système ». D’autres portent un

jugement plus positif. Carla Palito travaille pour une compagnie pétrolière dans le centre surpeuplé de Luanda. Pour lui, « le tournoi est une bonne chose pour l’économie. Il a déjà amené beaucoup de développement, il va créer de nombreuses ouvertures pour faire des affaires. Et ça va motiver les gens ».

« Bien sûr » reconnaît-il, « c’est triste de voir des millions de dollars dépensés de la sorte pour construire des stades quand le pays manque tant d’hôpitaux et d’écoles ». Mais il compte sur un effet d’entraînement: « j’espère que ça fera boule de neige ». Ce qui est certain, en tout cas, c’est que les Angolais qui assistent aux matches dans les stades se passionnent pour cette Coupe. Elle leur donne une occasion de faire la fête.

Mais quand les joueurs seront parti, et quand la vie reprenda son cours normal, ils ne devront pas s’attendre à des changements spectaculaires. Accueillirla Coupe d’Afrique des nations pourrait bien, effectivement, attirer des nouveaux investissements étrangers. Mais dans le court terme au moins, des millions d’Angolais vont continuer de manquer de services et de produits de première nécessité tels que l’électricité, l’eau courante,ou les installations sanitaires.

Source: Alex Capstick, service des sports de la BBC à Luanda

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