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15 avril, 2010

Les dessous du voyage annulé de M. Sassou à Pointe-Noire

Classé dans : Politique,Société — cabinda @ 15:55

L’annulation du voyage officiel que le Président Denis Sassou Nguesso devait effectuer à Pointe-Noire ne cesse jusqu’ici d’alimenter la chronique. Tout le monde en parle de Mpila jusqu’à la frontière de Tchiamba-Nzassi où les mesures de sécurité avaient été renforcées pour éviter des étincelles dans l’air.

Pourquoi le voyage du Président Denis Sassou Nguesso programmé depuis plus de trois semaines pouvait-il être subitement annulé ?

Ici et là, ont fusé des commentaires et des avis de plus en plus farfelus et ubuesques. Que pouvait cacher l’annulation du voyage du Président Denis Sassou Nguesso qui devait être  accompagné de son hôte de marque à Pointe-Noire ? Un deuxième scoop médiatique des FLEC ? Un coup de mains des jeunes incontrôlés de Mvoumvou ou du quartier MBota? Fausse note dans la sécurité ? Défaillance de la centrale à gaz ?

L’Emir du Qatar n’a pas osé fermer un seul oeil au Congo

Comme à l’accoutumée, tout avait été prévu et préparé d’avance.

A Brazzaville, des centaines d’éléments armés jusqu’aux dents et relevant de la direction générale de la sécurité présidentielle, Direction générale de surveillance du territoire, direction générale de la police nationale, direction  des renseignements généraux, directions des renseignements militaires, direction de la documentation présidentielle, du conseil national de sécurité avaient déjà précipitamment perçu des primes et des gros perdiems pour sécuriser la ville de Pointe-Noire, déjà sous contrôle, plusieurs jours avant l’arrivée de M. Sassou et son hôte de marque.

De leur côté, les grouillants agents du protocole national, habitués au «Matalana», à la fanfaronnade et aux fantaisies, s’affichaient à l’envi dans certains resto et VIP chauds de Ndji-Ndji sur mer où, des drapeaux et calicots aux couleurs du Congo et du Qatar, flottaient.

Deux jours avant, quelques groupes d’animations et plusieurs associations politiques s’étaient impliqués en mobilisant leurs «protégés» en vue de réserver comme au temps du mono un accueil délirant et enthousiaste à M.Sassou et  au Souverain Qatari, en séjour officiel  au Congo.

L’hospitalité congolaise tant vantée n’a pas eu raison de son calendrier «très chargé» à en croire quelques uns de ses « sujets».

A la grande surprise générale et à l’étonnement de tous, les choses ayant bougé du côté des services de renseignements et des professionnels du protocole, le séjour du Souverain Qatari n’aura été finalement qu’une affaire d’heures : il n’a pas passé une seule nuit à Brazzaville, ni à Pointe-Noire. Tous les dossiers et accords économiques ou commerciaux entre nos deux pays ont été signés presque à la va-vite et expédiés en moins de 3 heures.

Peu avant 23 heures 45, le Souverain Qatari a repris son avion pour repartir. L’hospitalité congolaise tant vantée n’a pas eu raison de son calendrier «très chargé» à en croire quelques-uns de ses «sujets» et quelques indiscrétions qui ont été véhiculées par certaines personnes qui avaient en charge le séjour du Souverain Qatari au Congo. Qui ne sait pas que dans notre pays même les personnalités qui sont tenues d’observer le droit de réserve, finissent toujours à un moment ou un autre pour paraître dans leurs milieux par lâcher certains secrets d’Etat ? Une sale habitude.

Tous ceux qui s’étaient rendus en masse à Pointe-Noire, sont revenus à Brazzaville, les poches pleines de billets de banque et les sourires aux lèvres.  La mission n’a plus eu lieu, mais l’argent avait déjà été décaissé : Bonus !

Qu’est-ce qui a justifié ce changement brutal et inattendu,  qui a vraiment bouleversé à la surprise de tout le monde le programme du séjour officiel du Souverain ? Se serait-il senti en insécurité au Congo et notamment dans nos hôtels de Brazzaville où rodent très souvent certains barbouzes, agents doubles, marchands de la mort ? Qui sait ?

Tous les dossiers et accords entre nos deux pays ont été signés et expédiés en moins de 3 heures du temps Aurait-il été étonné d’atterrir à Brazzaville, la capitale d’un pays producteur de pétrole depuis bien des années, mais qui présente encore l’image d’un village ou d’une ville archaïque, sans échangeurs et périphériques routiers ? Aurait-il eu peur de passer la nuit dans une ville très mal éclairée et où la misère sociale et la  pauvreté ambiante se côtoient, une ville où les rues et les avenues très sales et très étroites, etc., font bon ménage ?

Aurait-il eu également peur des indépendantistes Cabindais du FLEC qui ne s’avouent pas encore vaincus, battus et neutralisés ?

La proximité de la province angolaise du Cabinda avec la ville de Pointe-Noire n’aura-t-elle pas poussé les services de Sécurité et du Protocole du Souverain Qatari à écourter tout simplement son séjour au Congo?  Qui sait ?

Dit-on que les derniers rapports sécuritaires avaient, semble-t-il, souligné et pressenti «ce risque permanent» ?

Les services spécialisés en la matière auraient-ils émis quelques «réserves» quant à l’arrivée et surtout au séjour du Président Sassou et de son hôte à Ponton sur mer où certains colonels sont encore en prison pour un dossier puant l’odeur des indépendantistes du FLEC ?

A en croire, un colonel de la Garde Présidentielle qui a requis l’anonymat, le Souverain Qatari a écourté son séjour et quitté le Congo après l’annonce du décès brutal de son cousin survenu au cours d’un crash aérien  (…). Rien. Absolument rien ne semble rassurant pour convaincre les plus sceptiques.

Voilà autant de questions non résolues et de non-dits qui ont compliqué la tâche des uns et des autres. L’Emir du Qatar a mis tous les Congolais dans le suspens en quittant presque à la sauvette  notre pays. Qui dit mieux ?

Pour tenter de lever une partie du voile et surtout éclairer tant soit peu la lanterne des lecteurs, la rédaction de «Talassa», très fouineuse à son habitude, tente ici de circonscrire et de plancher sur les raisons officielles ou officieuses qui ont conduit à l’annulation brutale du séjour de M.  Sassou au bord de l’océan, à Pointe-Noire, une ville assez curieuse avec ses non-dits, secrets et mystères (…).

L’insécurité à Pointe-Noire et ses alluvions…

Depuis quelques mois, la ville de Pointe-Noire connaît un climat d’insécurité assez inhabituel et particulier pendant que la prostitution, le crime organisé, les incarcérations politiques où liées aux affaires de magouille, de détournement de deniers publics et de fraude laissent indifférents et insensibles  tous les policiers et gendarmes réunis.

En effet, ici et là, de jour comme de nuit, des cas de braquage et de grand banditisme sont perpétrés par quelques inciviques qui errent encore dans la nature. Protéger certainement par les officiers supérieurs nés dans les maternités des villages qui veulent mourrir aux affaires.

Et, dans certains points chauds de la ville, la présence très remarquée des policiers et des gendarmes ne décourage nullement les criminels impénitents qui écument les foyers criminogènes.

5L’arrestation de la Veuve Thystère Tchicaya et ses répercussions

L’arrestation de la veuve Thystère Tchicaya pour des raisons pas trop claires a été vite épinglée par certains observateurs qui craignent que cette dame «de fer» avec toutes ces  associations de tout genre ?

Aussi, le courage et chauvinisme débordants des centaines de jeunes, membres de ses associations, ont fait planer des doutes dans la mémoire de ceux qui craignent de revivre les scenarii insolites et très dramatiques des fameux «Enfants de Mvoumvou».

Sur le plan strictement religieux, à Pointe-Noire, les deux tendances antagonistes de l’Eglise Kimbanguiste pouvaient profiter du séjour du Président Sassou Nguesso pour se rivaliser en live, se neutraliser dans le but de réveiller certains démons.

L’arrestation arbitraire du colonel Cosmas Nzaou et Cie, en catimini,  pouvait  bien remuer le couteau dans la plaie….

Il n’est un secret pour personne, qu’après l’attentat du 8 janvier 2010 contre le bus transportant les footballeurs togolais, quelques cadres administratifs ou/et militaires  jetés à la Maison d’arrêt de Pointe-Noire, après avoir passé du tremps  à la DDST.           Au nombre des Vilis se trouve le colonel  Cosmas Nzaou qui, jusqu’ici, attend impatiemment une quelconque suite à son triste sort. Certains Vilis attendaient impatiemment M. Sassou.

L’agitation sociale ou de trouble à l’ordre public était paisible à Pointe-Noire ou ses environs immédiats à l’arrivée ou pendant le séjour de M. Denis Sassou Nguesso et son hôte dans la  ville océane.

Le Président de la République et son hôte Qatari n’ayant pas effectué le voyage de Pointe-Noire, comme prévu, le ministre en charge de l’Energie et de l’Hydraulique, M. Bruno Jean-Richard Itoua qui a effectué quand même le déplacement de Pointe-Noire pour l’inauguration de la nouvelle centrale de production d’électricité.

Cette centrale ultra moderne est appelée à réduire le nombre de délestages sauvages pratiqués parla SNE, qui compliquent la vie des milliers de Ponténégrins, plongés dans l’obscurité.

Ghys Fortuné DOMBE BEMBA

« TALASSA »

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