11 juin, 2015

Valse du corps professoral portugais autour de la question du Cabinda.

Classé dans : Politique,Société — cabinda @ 17:52

Depuis que la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a décidé de déclarer recevable les plaintes des mouvements cabindais contre l’Angola, l’on assiste à une espèce d’agitation des milieux enseignants portugais qui, comme une caisse de résonance, ont pris le relais dans la défense des thèses gouvernementales contre les arguments avancés par les indépendantistes cabindais dans leur lutte pour la reconnaissance et l’exercice des droits du peuple du territoire colonial de Cabinda à son autodétermination et à exercer la souveraineté sur ses ressources naturelles usurpées et spoliées par l’Angola avec la complicité active de certains dirigeants de gauchistes au pouvoir entre 1974 et 1976.

Après le prof. Carlos Blanco de Morais, auteur du livre « O direito à autodéterminação dos povos – O estatuto jurídico do enclave de Cabinda » paru en 1998, commandité par M. José Manuel Durão Barroso, ami personnel du président angolais, livre dont les thèses soutenues ont été mises à rude épreuve par une cinglante réplique adressée à la CADHP par un collectif de mouvements cabindais constitué par FLEC-Originel, l’UNLC et le CNRPC, c’est au tour des professeurs Catherine Maia (Professeur à la Faculté de Droit à l’Université Lusophone de Porto) et Robert Kolb (Professeur à la Faculté de Droit à l’Université de Genève (Suisse), auteurs du livre  « Le statut international de la province angolaise du Cabinda à la lumière du droit international public » d’emboiter le pas en renfort de ce dernier. C’est la 2ème publication du livre, la première ayant curieusement été faite en janvier 2013 sous forme d’articles parus dans :

1- La Revue « VIII Anuário Brasileiro de Direito Internacional, Volume 1 | NÚMERO 14 » ;

2- L’Annuaire Français de Relations Internationales 2014, Vol. XV, publication coordonnée par l’Académie des Sciences Morales et Politiques, Université Panthéon-Assas – Centre Thucydide,

articles publiés peu avant que les membres de la CADHP n’aient statué sur les plaintes des mouvements cabindais et  dont la conclusion, loin de surprendre a été purement et simplement la suivante : « Il n’y a pas de violation de droits de l’homme au Cabinda », balayant d’un revers de main tous les rapports dressés par des institutions crédibles de défense des droits de l’homme (Human Right Watch, Amnesty International, la Commission des droits de l’homme des Nations Unies), le Département d’Etat américain, etc.

Cette prise de position éminemment politique et non juridique résulte d’un compromis négocié pour ne pas vexer les autorités angolaises et ainsi faciliter l’organisation par celles-ci, de la session d’avril 2014 devant se tenir  Luanda.

Pourquoi cet intérêt subit et autant d’aversion contre les intérêts légitimes du peuple sans défense de Cabinda pour son droit à l’autodétermination ?

 Si ceux-ci se souciaient tant du sort des peuples africains issus de leurs anciennes colonies, provinces ou territoires d’outre-mer, pour lequel le Portugal avait reçu pour mission de l’Orient « de coloniser des terres et de leur apporter les bienfaits de la civilisation », pourquoi ne pas s’appesantir et disserter sur :

  • les méfaits et crimes perpétrés par les agents de la PIDE / DGS dans les anciennes colonies portugaises d’Afrique, notamment en Angola et au Cabinda, actions à l’origine de nombreux cas d’assassinats qui ont laissé des séquelles indélébiles dans la mémoire des natifs de ces territoires ;
  • les personnes froidement assassinés par les éléments du MPLA peu avant la proclamation de l’indépendance ;
  • l’enrichissement illicite et les détournements des deniers publics par la nomenklatura du MPLA, fonds déversés dans des affaires juteuses au Portugal ou déposés dans les paradis fiscaux, transformés en pays de blanchiment d’argent au détriment du bien-être des populations locales angolaises ;
  • les violations répétées des droits de l’homme et assassinats politiques auxquels sont exposés les opposants au régime ;
  • la corruption tant au Portugal qu’en Angola, dont certains dirigeants politiques, considérés autrefois comme d’honnêtes gens, en font déjà les frais ;
  • etc…

Etre enseignant universitaire et tirer profit de cette étiquette, pour véhiculer des positions politiques à peine voilées sur un sujet d’actualité donné, ne veut forcément pas dire que l’on détient le monopole du savoir et de la vérité et que, par conséquent, ce que l’on affirme doit être pris pour parole d’évangile.

Le peuple de Cabinda qui connaît désormais qui sont ses véritables amis, saura déjouer tous les obstacles dressés sur son chemin dans la lutte pour son droit à l’autodétermination.

Rien dans ce monde n’est immuable ; tout est mouvement et changement. C’est la dialectique de l’histoire. Le régime de l’Estado Novo, comme celui des militaires du MFA (Mouvement des Forces Armées portugaises), n’ont pas échappé au vent de l’histoire.

Augusto F. Liumba.

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